| 2026-07-07 | |
Classé bâtiment patrimonial, le Collège Rousseau de Genève, édifié en 1969 par Alain Ritter, est un exemple remarquable d’architecture brutaliste. Ce bâtiment a dû être rénové en raison de son état et agrandi pour faire face à l’augmentation du nombre d’élèves. Burckhardt a remporté le concours d’architecture en 2018 avec un projet qui réussissait à concilier continuité et rupture. De l’extérieur, la surélévation prolonge la façade existante, avec son relief marquant d’éléments préfabriqués en béton, en sorte d’être indétectable au premier regard. À l’intérieur, cependant, l’ouvrage modifié se présente sous la forme d’une structure en bois légère et lumineuse, qui crée une atmosphère chaleureuse.
Bien en retrait de la rue, installé entre des tours d’habitation sobres au nord et au sud et une structure de petits immeubles d’habitation individuels à l’est et à l’ouest, le bâtiment est situé sur le terrain en pente. On remarque d’emblée sa structure rigoureuse et sa forme rectangulaire autour d’une cour centrale. La façade laisse deviner son organisation : les deux étages vitrés du socle abritent les locaux administratifs. Aux étages supérieurs se trouvent les salles de classe, qui forment un bloc minéral surplombant le socle.
Si le plan du nouvel étage reste inchangé, la manière d’appréhender l’espace est nouvelle, puisque la hauteur de l’étage est plus élevée et que le bois est délibérément mis en évidence. Les escaliers spacieux sont éclairés par deux immenses puits de lumière. La disposition des différents éléments et la distribution des salles s’articulent autour de ces sources de lumière naturelle. La cafétéria nouvellement aménagée au rez-de-chaussée recrée l’ouverture voulue par l’architecte Alain Ritter dans son projet initial. Elle remplit sa vocation de lieu de rencontre et d’apprentissage informel, et pas seulement pendant les pauses.
Le choix de la surélévation n’a pas seulement été guidé par des impératifs de conception, mais aussi par la durabilité, puisqu’il évitait de bétonner des surfaces supplémentaires. La surélévation limite également les infrastructures et permet un usage rationnel des installations techniques. De plus, en réduisant les distances de distribution, on évite les pertes de charge et de chaleur.La construction légère en bois (structure, plancher et toiture) réduit les charges statiques supplémentaires au point que le bâtiment existant les supporte sans renforts majeurs. Cette approche, la moins intrusive possible et économiquement favorable, s’inscrit dans une stratégie de durabilité.
La surélévation est conforme au label THPE (très haute performance énergétique), tandis que les objectifs de rénovation Minergie ont été remplis pour les parties existantes. Ces mesures différenciées améliorent considérablement la consommation d’énergie globale, tout en respectant la valeur patrimoniale du bâtiment.
Même si le maître d’ouvrage ne l’avait pas expressément demandé, le projet de rénovation et la surélévation ont été réalisées sous forme de maquette BIM. Un relevé complet du bâtiment existant a été effectué par nuages de points (une sorte de scan 3D) et complété par un jumeau numérique à 180° réalisé avec l’outil Matterport. Les informations ainsi recueillies ont été recoupées avec le nuage de points afin de produire un modèle BIM très précis du bâtiment existant.
Le recours aux méthodes de travail issues de la méthode LEAN Construction dans la collaboration avec les architectes et les techniciens s’est révélé extrêmement efficace compte tenu de la complexité des procédures sur le chantier d’une école en fonctionnement. Pour les travaux bruyants, par exemple, plusieurs phases et micro phases coïncidant avec les vacances scolaires ont été définies et respectées.
Fondée à Bâle en 1951, la société Burckhardt emploie aujourd’hui 400 personnes réparties sur huit sites en Suisse et en Allemagne. Le bureau étudie et réalise des projets dans presque tous les domaines de l’architecture. En optant pour une approche globale, Burckhardt est en mesure de gérer des projets de planification et de réalisation complexes tout en satisfaisant à des exigences architecturales élevées. L’équipe interdisciplinaire va au-delà des rôles traditionnels. Nous intervenons également en tant que développeuses et développeurs, spécialistes de la transition numérique ou pionnières et pionniers de l’utilisation de nouvelles méthodes de travail. Parmi nos projets les plus connus figurent la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle, le parc MFO à Zurich, le réaménagement des accès à l’aéroport de Zurich, le bâtiment des laboratoires BATLab à Genève et l’ambassade de Suisse à Séoul, ainsi que les nouveaux immeubles abritant les laboratoires et les bureaux du Biopôle, le campus des sciences de la vie à Épalinges, près de Lausanne.
Photo credit : Olivier Di Giambattista